Contre-critique

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"Bleu presque transparent" de R. Murakami


"Bleu presque transparent" de Ryû Murakami.

Ce roman, récompensé en 76 par le célèbre prix Akutagawa, est une véritable claque dans la littérature du soleil levant, tant la poésie de certains passages contraste avec la déchéance dans laquelle se trouvent les personnages.
"Il y a du sang sur la pointe de la seringue. Je vais à la cuisine, pour la laver. Le cafard s'affaire toujours sur les assiettes de l'évier."
"Bleu presque transparent" nous narre la vie d'adolescents qui s'abandonnent à la drogue par dépit et qui cherchent, sans savoir comment, une solution à leur existence pleine de désillusion.
"Des lignes bleues sont enfouies dans la transparence de sa peau; des gouttes d'eau glissent le long de ses bras couverts de boue."
Ryû, le personnage principal homonyme de l'auteur, raconte à la première personne du singulier son quotidien au côté de sa copine Lili et de ses amis. L'écriture est capable de passer de la description détachée et cinématographique à une mélancolie débordante d'espoir et d'émotion.
"Une vapeur rose s'élève du capot, se perd, tandis que la chaussée fume dans la lumière des phares...C'est peut-être vraiment la mer, là-bas, comme Lili est le frisson lumineux d'un poisson des grands fonds."
Le récit est passionnant malgré l'absence de véritable intrigue, car il sent le vécu. Les protagonistes sont attachants et leur histoire nous touche. On est subjugué de bout en bout face à ce livre miroir d'une génération perdue.
Peut-être le meilleur de Murakami, à lire absolument !
R.P.


10/01/2010
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