Contre-critique

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"Brooklyn requiem" de K.Bruen

"Brooklyn requiem" de Ken Bruen.

 

Ce polar noir est écrit par Bruen, un auteur irlandais qui lacère les pages avec ses mots, et les amoureux de "la belle littérature" vont en prendre un coup.

"T'aimerais bien me crever, jouer les durs, hein ? mais tu sais bien, mec, t'es complètement à sec, t'es qu'un flic véreux qui en palpe, je te tiens par les couilles..."

Dans "Brooklyn requiem", nous découvrons une histoire de flics véreux, violents et penchés sur l'alcool.

"J'ai éteint, me suis effondré dans un fauteuil, ai allumé le tarpé, bu une gorgée de Miller, branché la radio, une station qui jouait des airs de l'ancien temps."

Le héro, Matt O'Shea, est un irlandais qui s'exile à New-York pour devenir un flic de renom. Mais il devra faire face à ses démons intérieurs et à son équipier Barka, homme patibulaire et irascible.

"Les emmerdes ne vont pas tarder à pleuvoir, ça va faire pas mal de victimes et ce ne serait pas mal qu'on s'en sorte à notre avantage..."

L'intrigue triangulaire se joue entre flics, voyous et boeufs carottes des affaires internes. Le récit est très bien mené, avec du rythme, des rebondissements et du suspense. Ce roman se lit d'une traite, facilement et avec beaucoup de plaisir.

"Ce rire fantastique qu'elle avait, comme s'il lui jaillissait du fond de l'âme et qu'elle se foutait complètement de la tête qu'elle avait quand elle se marrait..."

Les personnages, bourrus mais intelligents ne sont pas là pour rigoler, et leur sauvagerie est efficace:

"Je vais te poser une question, Lonnie - et je ne le ferai pas deux fois - et si tu réponds pas direct ou que tu me sors des conneries, je t'explose les couilles, tu me reçois bien ?"

L'univers de "Brooklyn requiem" est réaliste, très noir et corrosif sans omettre d'y ajouter un humour cinglant.

"Il s'est collé un cure-dents entre les lèvres - je me suis demandé de quoi ce truc aurait l'air, planté dans son oeil droit..."

La brutalité est quotidienne et surprenante. Tous les personnages sont prêts à aller très loin pour mener à bien leur projet. Le héro lui, est glacial et tourmenté. Il extravague, comme il le dit lui-même lors de chapitres où il nous parle à la première personne, et se voit fasciné par le cou des filles - Sorte de brillant hommage au "Des souris et des hommes" de Steinbeck.

"Il était à quatre pattes sur le carrelage humide de pisse en train de gémir. Jelui ai filé un autre coup de hurley sur la tempe..."

Le dénouement peut décevoir car le manichéisme absent au trois quart du roman y fait soudain son apparition. Heureusement pas jusqu'à la dernière page, car cette dernière est plus subtile. Mais ce n'est que du détail car "Brooklyn requiem" est un polar excellent qui se dévore et qui nous fait jubiler ; il faut le lire absolument.

R.P.



26/03/2011
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