Contre-critique

Contre-critique

"La Chrysalide brisée" de E. Yamada


"La Chrysalide brisée" de Eimi Yamada.

Après son précédent roman, "amère volupté", qui fut au cœur de la polémique, voici venir "La Chrysalide brisée". Ce roman, tout aussi court que l'autre, évite une fois encore l'écueil de la morale tout en se révèlant plus soft.
"Une émotion très belle, lumineuse, qui dormait en moi, s'éveilla soudain et me  submergea."
Nous y découvrons Hitomi, une petite fille qui est prise sous l'aile d'Eriko, une charmante fille du même âge. Mais sous le verni de leur amitié se cache la haine d'Hitomi pour Eriko.
"Soudain, c'est mon cœur écartelé qui s'ouvre, libérant la poche de pus chaud où s'est  figé l'épieu fossilisé de ma rancœur."
Eriko, charmeuse, belle et aimable, devance en tout point son amie Hitomi. Cette dernière, restant dans l'ombre de sa camarade, ne se fait jamais remarquer et disparait peu à peu jusqu'à ne devenir rien; Eriko lui dérobant toute les joies sous couvert d'une amitié intime. Les malheurs d'Hitomi nous sont alors narrés de son propre point de vue.
"Dans ces moments là, je m'oublie totalement. La pluie tombe et c'est tout. Je ne  ressens plus rien, ni haine, ni amour."
Le seul espoir d'Hitomi pour s'extirper de l'emprise d'Eriko devient alors Mugio, un garçon de sa classe; Et avec lui, le sexe, domaine où Hitomi pourrait devancer sa camarade. Car Mugio, qu'elle a dans la peau pourrait lui fournir la force de faire face à la réalité d'Eriko qu'elle n'a fait, jusqu'alors, que subir en silence.
Le plaisir de la lecture tient à la façon dont l'auteur nous raconte des évènements plus ou moins anecdotiques qui, au final, se révèleront importants; et dans la manière qu'elle a de livrer les émotions intérieures d'Hitomi, sans jamais tomber dans le récit enfantin et mièvre, et en gardant un ton résolument adulte.
R.P.


25/03/2010
0 Poster un commentaire
Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour