Contre-critique

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"Le Volcryn" de G.R.R. Martin

"Le Volcryn" de George R.R. Martin.

 

"Or, ce vaisseau n'a pas d'équipage et tout y est apparemment automatisé. Pourquoi aurait-il besoin d'un être humain ? Ce Royd Eris pourrait tout bonnement n'être qu'un système informatique élaboré, une authentique Intelligence Artificielle."

Tentant d'en apprendre plus sur les mystérieux volcryns, Karoly D'Branin et son équipage quittent Avalon pour s'embarquer sur l'Armageddon, un vaisseau spatial dirigé par l'énigmatique Royd Eris.

Ce court récit de SF, qui obtint le prix Locus en 1982, fait l'objet d'une récente publication française - au vu du succès retentissant de son auteur - c'est l'occasion pour nous de (re)découvrir ses débuts en tant que romancier.

C'est une sorte de huis-clos que nous présente Martin, car l'essentiel de l'histoire se déroule dans la carlingue d'un vaisseau, à l'exception d'une brève sortie vers la fin du récit. Point de grand spectacle donc, ni de bestiaire extraordinaire sur des contrées inconnues dans "Le Volcryn". Ce roman, ancré dans les années 80, avec des télépathes, des hologrammes, des êtres extraterrestres et un vaisseau spatial ne créera pas sur le lecteur d'aujourd'hui un quelconque effet novateur. Cependant on appréciera le côté "2001 l'Odyssée de l'espace" de l'intrigue et sa menace latente.

"Elle était littéralement couverte de sang et de débris organiques. Juste sous son œil droit, une longue écharde osseuse s'était plantée dans sa chair, mais elle ne paraissait même pas le remarquer."

"Le Volcryn" évolue dans le registre du thriller. Une menace pèse sur l'ensemble des passagers, et le capitaine de l'Armageddon refuse de se montrer ; pourquoi ? Et surtout qui est Royd Eris et que veut-il ? La paranoïa va peu à peu s'installer parmi les protagonistes, tandis que le groupe se divise. Et alors que le danger peut surgir de toutes parts, Martin a le talent de le faire apparaître là où on ne l'attend pas. Et en fin de parcours, les morts vont commencer à s'accumuler.

"Dans la cale quatre, où il avait rangé son équipement, le xénobiologiste trouva ce qu'il cherchait : un laser léger, chargé et prêt à fonctionner. La puissance de l'engin était limitée mais suffisante pour ce qu'il comptait faire."

Autant prévenir, même s'il y en a, le roman n'est pas orienté vers l'action. Mais plutôt du côté de la psychologie, avec des personnages intéressants, notamment le modèle perfectionné Melantha Jhirl, une jeune femme attirante, à la fois athlétique et toujours en avance sur les autres dans ses déductions. Le but de l'aventure pour D'Branin et les siens, est partagé entre la volonté de continuer pour rattraper leur sujet d'étude, les volcryns, ou bien renoncer face au péril qui les menace.

Malgré certains aspects un peu datés, comme l'attaque des couteaux, vaguement puérile, ce court roman se lit très facilement, presque d'une traite, et ne démérite pas. Quant à sa toute fin, qui ne dévoile pas vraiment de mystère, elle s'oriente davantage vers une histoire d'amour et de promesse à tenir.

Une lecture agréable donc, qui permet de découvrir l'auteur si la longueur de la saga du "Trône de fer" vous effraie.

R.P.



11/07/2013
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