Contre-critique

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"Les mémoires de Zeus" de M. Druon.


"Les mémoires de Zeus" de Maurice Druon.


Dans sa préface, M. Druon nous laisse entendre qu'à la rédaction des Mémoires de Zeus, il a privilégié la terminologie mythologique grecque « constitutive d'un système de pensée universelle » pour regrouper les mythes représentant « la mémoire collective de l'humanité » ; Dès lors, Maurice Druon se subtilise à Zeus pour nous raconter la mythologie grecque. Malheureusement il entache ce vaste projet en le ponctuant de réflexions personnelles tout à fait subjectives et empreintes de misogynie. Du coup, la joie éprouvée à l'idée de lire ce roman et d'y découvrir l'universalité des Dieux n'a d'égale que la déception ressentie lors de paragraphes affligeants et dignes de la fatuité de l'auteur.

M. Druon se complait à apposer, par le biais du roi des Dieux, un jugement totalement déplacé sur l'humanité.

Lors de certains passages : « Ô mères tyranniques, vous n'aimez que vous-même à travers vos enfants, prêtes à tout et jusqu'aux entreprises criminelles pour assurer par eux votre triomphe, et qui ne chercher qu'à leur nuire dès qu'ils échappent à votre autorité. Que d'Agrippines en votre race ! », les paroles de l'auteur sont de véritables griefs envers les mères et les femmes ; Un amalgame de généralités infondées et choquantes pour quiconque a un minimum de respect pour les femmes. En outre, la notion même de maternité est bafouée et réduite au constat amer d'un écrivain aigri.

Malheureusement la rancune de la gente féminine ne s'arrête pas là : « Quand les femmes se disent lasses de l'amour, c'est qu'elles ne sont lassent, le plus souvent, que de l'amant, et déjà ont les yeux tournés vers un autre. Peut-être Ouranos eut-il tort de se montrer trop fidèle… » ; Le texte laisse paraître des sous-entendus grossiers comme si M. Druon adressait des reproches à son ex-compagne qui l'aurait quitté parce qu'il était trop bon avec elle. Il décrit la fourberie féminine opposée à l'innocence de l'homme qui subit malgré lui l'inconstance des femmes. Pensez cela n'est-il pas le propre du misogyne ?

Les rancœurs dévient ensuite à l'encontre de la Terre, entité féminine que vous qualifiez « d'irascible, acariâtre et volontiers mégère… », et après le dénigrement l'auteur appelle les hommes à agir contre-nature : « Ne lui accordez jamais complète confiance, et traitez-la plutôt avec rudesse et violence ». Comment osait-il prodiguer de pareils conseils ? A croire que M.Druon marchait sur la tête.

Après de si navrantes constatations, on ne peut que vouloir cesser la lecture de ce livre, bien écrit malgré tout ; Et lorsqu'on le continue pour être sûr de n'avoir pas émis de jugement trop hâtif, on découvre que M.Druon ne cesse de nous faire la morale. Il digresse inlassablement en s'éloignant de la mythologie pour sermonner les Hommes et leur prodiguer des conseils qu'on sent tout droit sorti de sa propre bouche et qui exaspèrent.

R.P.



27/12/2009
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