Contre-critique

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"Les racines du mal" de M.G. Dantec

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"Les racines du mal" de Maurice G. Dantec.

 

"Il enjambait les tenants d'aluminium lorsqu'il entendit un bruit de pas à l'intérieur du bâtiment et des sortes de jurons. Une silhouette déboula à sa gauche, d'un corridor plongé dans l'obscurité et Schaltzmann fit feu au jugé. Une seule balle, c'était l'ultime chargeur."

Voici un roman qui débute sur les chapeaux de roue, avec une première partie basée sur le périple d'un tueur qui entend des voix. Les cent premières pages sont donc haletantes et bourrées d'action. Ensuite, dès la deuxième partie, on bascule dans l'autre camp, celui de ceux qui cherchent à découvrir la vérité. On retrouve alors trois spécialistes, le fameux docteur Gombrowicz et ses deux assistants, la belle Svetlana et notre héros Arthur Darquandier. Tous trois tentent de prouver la responsabilité d'un second tueur parmi l'ensemble des victimes retrouvées par les forces de l'ordre.

Au lieu d'un simple polar prenant, on bascule rapidement vers la science-fiction et, malheureusement, la troisième partie se perd dans des atermoiements totalement inutiles et le roman subit une terrible baisse de régime à mi-parcours. L'enquête s'interrompt tandis qu'Arthur et ses collègues chercheurs se séparent. Le héros narre alors ses mésaventures au travail et ouvre des digressions qui n'ont plus rien à voir avec le sujet qui nous intéresse, à savoir les responsables de la vague de meurtres. Heureusement, on y reviendra avant la quatrième partie censée nous plonger dans les ténèbres.

"C'est ainsi que j'ai assisté à la pendaison d'une fillette de douze-treize ans, dans sa propre chambre, encombrée de jouets épars. La "réalité" dépassait tous mes cauchemars, dont celui de la nuit."

L'aspect science-fiction réside dans le fait qu'Arthur crée une neuromatrice qui devient son double et avec qui il s'entretient pour avancer dans l'enquête. Ainsi la technologie est totalement imaginaire et risque de dérouter le lecteur qui se demandera pourquoi inventer tout un arsenal SF alors que le roman aurait pu s'en passer.

Concernant le suspense, il faut avouer qu'il est bien mené et que le livre se lit facilement malgré sa densité, pourtant on aurait souhaité que Dantec le dégraisse davantage car il s'amuse trop souvent à tourner autour du pot et ne nous mène jamais droit à l'essentiel. À noter que certains passages (outre l'entrée en matière) comme la découverte des bidons ou le journal de bord d'Irène Granada sont haletants, morbides et nous récompensent de nos efforts pour avoir tenu jusque là. La fin délivre elle aussi un petit carnage gratifiant, cependant ce n'est pas du tout l'apocalypse annoncé.

Voici donc un récit marquant, mais qui n'est peut-être pas suffisant pour donner envie de lire d'autres romans de l'auteur.

R.P.



29/08/2017
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