Contre-critique

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"Malevil" de R. Merle


"Malevil" de Robert Merle.

Merle nous livre ici un chef-d'œuvre des années 70. Un roman d'anticipation toujours d'actualité et proche de l'apocalypse.
"Car à ce moment-là, je n'avais pas encore commencé à avoir peur. J'étais trop stupide et pantelant pour former une idée. Je ne me disais même pas que ce fracas devait être démesuré pour parvenir jusqu'à moi à travers des murs de deux mètres d'épaisseur et à un étage sous le sol."
Tout commence comme une œuvre classique et entrainante où le héros, Emmanuel, nous décrit sa vie. Et puis brutalement, une déflagration de fin du monde (qui n'est pas sans rappeler les bombes lâchées sur le Japon), et les protagonistes se retrouvent plongés dans une quête de survie.
Ecrit dans une prose remarquable, "Malevil" campe des personnages réalistes confrontés à des situations pleines de tension psychologique. La part d'action et la part de réflexion politique sont toutes deux savamment dosées. Le récit est prenant et bien ficelé et les rebondissements sont nombreux. Quant aux choix cornéliens qui s'offrent aux protagonistes, ils nous mettent nous aussi à l'épreuve.
Après le premier tiers du roman, il y a tout de même un temps mort presque ennuyeux, mais l'arrivée du personnage de Fulbert nous le fait vite oublier tant son caractère démoniaque pimente la suite des évènements. La fin, sans retournement de situation, est également décevante.
Néanmoins cette œuvre vaste et fournie mérite amplement le détour.
Dans un registre plus historique et encore plus efficace, découvrez son "La mort est mon métier".
R.P.


10/01/2010
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