Contre-critique

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"Marionnettes humaines" de R. Heinlein

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"Marionnettes humaines" de Robert Heinlein.

 

 "Au moment où le paysan se détournait, je le fis tomber d'un croc-en-jambe. Aussitôt, je me jetai sur lui et j'agrippai sa chemise à deux mains. Jarvis s'approcha pour filmer en gros plan. Je mis le dos de mon prisonnier à nu avant qu'il n'ait repris son souffle."

Heinlein est un grand nom de la littérature de science-fiction : il est à l'origine des adaptations cinématographiques "Starship Troopers" et "Predestination", Autant dire des histoires dynamiques et inventives enclines à marquer durablement les esprits ! Pourtant quelle déception à la découverte du présent roman. Son écriture est ordinaire, sans éclats, et dénuée de toute psychologie. Après avoir passé cent pages et dix chapitres de ce "Marionnettes humaines", les personnages de Sam, du Vieux, de Mary ou de Davidson, les principaux, n'ont toujours aucune consistance. À part le minimum syndical, à savoir leur superficielle enveloppe, on n'apprend rien d'eux. Même quand des révélations sur le rapport filial avec le héros apparaissent, cela demeure humainement factice. L'intrigue est basée sur des personnages creux, insipides et sans histoire personnelle. D'ailleurs l'histoire quelle est-elle ? Des agents secrets de la Section, une organisation secrète, luttent contre une invasion extraterrestre. Des sortes de limaces se collent au dos des humains et les contrôlent. Du coup le Vieux, Sam et Mary sont les principaux protagonistes à mener la résistance.

Malheureusement, le suspense n'existe pas. Le héros veut épouser sa collègue Mary dès leur rencontre, alors qu'il ne la connais même pas, juste parce qu'elle est jolie. Le Vieux n'hésite pas à partir en vacances, sous ordre du président, alors qu'une menace extraterrestre réelle est identifiée. Autant d'incohérences psychologiques, ou de futilités dans les tempéraments qui rebutent considérablement la lecture. Même lorsque Sam est pris comme hôte par un maître, le suspense s'évanouit avant même d'avoir commencé tant la narration manque de consistance.

La couverture au graphisme horriblement puérile n'aidant pas, on a vraiment l'impression de lire un roman pour adolescent. Avec sa succession de séquences d'action et son rythme soutenu, "Marionnettes humaines" ravira les plus jeunes. Mais ceux qui veulent lire de la littérature seront invariablement déçus. Le style quant à lui, est incomparable à celui de ses talentueux homologues H. G. Wells ou encore de P. K. Dick.

Pour tout vous dire, on a même pas pu arriver au bout du roman. Après avoir appris que le vieux était le père du héros, et qu'il le manipulait pour tester l'hôte (une idée savoureuse mais rendu si platement par l'écriture (à moins que ce ne soit la traduction ?)) on s'est dit qu'il n'y aurait pas grand chose de plus à découvrir.

R.P.



23/04/2016
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