Contre-critique

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"Mygale" de T.Jonquet

"Mygale" de Thierry Jonquet.

 

Il n'est point question d'arachnide dans ce "Mygale" mais belle et bien de polar noir au scénario finement ciselé.

"Sur l'un des murs, une glace sans tain permettait d'observer secrètement ce qui se passait dans la  pièce où attendait Eve."

Richard Lafargue est un éminent chirurgien. Il vit dans une villa du Vésinet avec chauffeur et bonne. Pourtant, à l'étage, la jeune Eve est enfermée dans une pièce. Les rapports entre Richard et Eve sont ambigus et mêlés d'attraction/répulsion. En parallèle de leur histoire, celle d'Alex Barny, homme en fuite qui vient d'attaquer une banque.

"C'était un soir d'été. Il faisait une chaleur abominable, moite, un fardeau insupportable. Un orage qui  tardait à venir."

Qui est le couple Ricard-Eve? Qui sont-ils et comment en sont-ils arrivés à cette situation? Le mystère reste entier jusqu'au dénouement final.

"Il vida le reste de la bière sur le journal, l'encre se dilua, nappant de flou la photo, boursouflant le  papier. Il s'absorba dans la contemplation des traînées de liquide qui tachaient peu à peu la page."

Jonquet, avec une écriture simple et presque innocente nous tient véritablement en haleine. Le fait de nous raconter l'histoire de personnages complexes tout en occultant volontairement mais subtilement certaines parties, permet d'entretenir un suspense efficace. Ce n'est qu'au dernier moment que l'auteur nous révèlent les dernières pièces de son puzzle.

"Une torche puissante a éclairé les sous-bois. Le pinceau de lumière t'a surpris alors que tu courais te  mettre à l'abri d'un tronc d'arbre. Dans la tige ta botte droite, tu as palpé la lame de la dague, ce  poignard de la Wehrmacht que tu  portais toujours sur toi."

Le lecteur est tenu en haleine par ce roman semblable à une grosse nouvelle (environ 150 pages), dont le côté sombre et malsain est exacerbé au fil des pages. L'énigme faisant le lien entre les protagonistes est crédible et inattendue malgré son aspect torturée et extrême. De plus, son intrigue prend racine dans le domaine de la chirurgie, sujet éminemment actuel, dont il dénonce les abus.

"A l'aide d'un scalpel, Lafargue incisait déjà de larges rectangles de peau sur le ventre du patient. Au-  dessus de lui, les visages des spectateurs se pressaient contre la vitre."

"Mygale" est donc une oeuvre efficace et maîtrisée, qui se dévore d'une traite. A lire!

R.P.



04/10/2010
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