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"The City & The City" de C. Miéville

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"The City & The City" de China Miéville.

 

Bien que l'on soit dans une œuvre d'imagination débridée, "The City & The City", un peu à la manière des romans de Richard Morgan, débute et se déroule comme un véritable polar. Basé avant tout sur l'investigation, le roman à recours à des témoignages et autres interrogatoires, avec des enquêteurs qui tentent de résoudre un meurtre mystérieux.

Ici tout commence avec l'inspecteur Tyador Borlù, héros du récit qu'on ne lâchera pas d'une semelle, qui est dépêché sur les lieux d'un crime. Une jeune femme assassinée a été retrouvée dans un terrain vague de la ville de Besźel, le corps couvert de rouille. Aidé par d'autres, dont l'agent Lizbyet Corwi et Dhatt, l'inspecteur va remonter le fil du crime.

Soupçonnée au départ d'être une prostituée, la victime révélera un lourd secret. D'autant que l'enquête n'a pas lieu n'importe où, mais dans une ville double, véritable concept qui abrite géographiquement deux lieux desquels on ne peut franchir la frontière sans se retrouver hors la loi. Et le lecteur aura de nombreux indices au cours du récit. D'abord l'apparition incongrue d'une vieille dame, ensuite, les lieux dit de "tramage" qui laissent à penser qu'un autre univers existe. Il s'agit d'Ul Qoma, deuxième ville limitrophe de Besźel, à la fois infranchissable et à portée de main. Du coup "The City & The City" devient rapidement technique. Il s'agit d'enquêter sur deux lieux, en faisant appel à la police de cette frontière invisible, la Rupture, sans créer d'équivoque politique entre les deux états.

"Il a publié un ouvrage il y a des années de ça. Between The City and The City. Ça ne vous dit rien ? Les néo-hippies lui vouaient un culte. C'est la première personne de cette génération à avoir pris Orciny au sérieux Rien de surprenant à ce que vous n'ayez jamais vu son livre, il reste interdit."

L'aspect didactique de l'auteur, qui atteindra son apogée dans le très dense "Légationville", fait une nouvelle fois défaut à son écriture qui manque souvent de fraîcheur et d'entrain dans la narration, voire les péripéties. Encore une fois, et malgré les qualités et les récompenses pléthoriques du monsieur, China Miéville ne parvient pas à pleinement satisfaire le lecteur ; et arriver au bout du roman devient fastidieux. Le dénouement final quant à lui, ne s'avère pas du tout à la hauteur de l'ensemble. Le potentiel était énorme mais le résultat est petit, trop petit pour devenir mémorable, dommage.

À la limite, on conseillera davantage "Kraken", qui demeure son roman le plus entraînant, le plus inventif et le moins rébarbatif, bien qu'il ne soit pas exempt de défauts.

R.P.



24/08/2016
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