Contre-critique

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"Zoo City" de L. Beukes

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"Zoo City" de Lauren Beukes.

 

"La lumière du matin, soufrée comme les déchets des mines, se faufile sur la ligne d'horizon de Johannesburg et transperce ma fenêtre. Mon Bat-signal personnel. Ou un simple rappel que je n'ai toujours pas acheté de rideaux.

Je me couvre les yeux. Le matin a éclaté"

Dès l'avant-propos, et au fil des premières pages, on est instantanément conquis par l'écriture de Lauren Beukes et on pense que le voyage en Afrique du Sud sera comme une trépidante immersion. "Zoo city" regroupe des animalés, des individus qui portent leur faute sous la forme d'un animal familier. Ces individus reçoivent aussi un pouvoir magique qui va avec. L'héroïne Zinzi December, porte un paresseux et possède la faculté de retrouver les objets perdus des autres. Elle sort avec Benoît qui, lui, porte une mangouste et possède un charme magique. Et bientôt, dans une ville criminalisée, Mme Luditsky, cliente de Zinzi, va être assassinée. Zinzi devra alors accepter un boulot inhabituel : retrouver quelqu'un. On glisse alors tranquillement vers le polar, par le biais d'une enquête à laquelle notre héroïne sera mêlée.

Mais le rythme est plutôt lent, contrairement à ce qu'on aurait cru, et, malgré les personnages bien campés, l'histoire prend son temps et ne nous tient pas du tout en haleine.

"Une pie-grièche tourne autour de notre table en quête de restes. Aussi appelée oiseau-boucher, elle a la charmante habitude d'empaler ses proies sur les clôtures barbelées. Les gens ont tendance à penser que les animaux sont meilleurs que les humains. Les chimpanzés aussi pratiquent au meurtre. La seule différence est que les animaux ne se sentent pas coupables."

Le chapitre 11, et surtout le moment où Zinzi joue à un jeu-vidéo nommé Blood Skies avec S'bu, est fort réussi. On sent que la romancière peut faire des miracles. Pourtant le récit est peu captivant dans l'ensemble. Et malgré deux séquences d'action en fin de première partie, plus celle de la résolution, on suit sans trop d'intérêt les pistes de Zinzi et ses séances de renseignements auprès d'éventuels témoins. Et avant d'arriver à la fin, on se demande où ce roman veut nous mener, après plusieurs virages dont on ne voit pas le rapport ; entre un premier mort, une recherche de disparue, puis un roman qui continue sans que l'on sache vers quoi. Quant au dénouement, il ne convainc pas vraiment. Les péripéties entre le crocodile, l'automutilation et Zinzi sous l'eau manquent de crédibilité.

Au final, l'idée très intéressante des animalés n'est pas exploitée comme on l'aurait imaginé et l'on a hâte que ça finisse, bien avant d'arriver au bout, dommage.

R.P.



24/04/2017
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