Contre-critique

Contre-critique

"Les derniers jours du Paradis" de R. C. Wilson

les derniers jours du paradis.jpg

"Les derniers jours du Paradis" de Robert Charles Wilson.

 

"Cet inconnu solitaire ne regardait plus sa fenêtre, mais semblait encore s'intéresser à l'immeuble. Il examinait celui-ci d'un regard fixe, voire un peu dément. Cassie sentit son ventre se nouer. Il fallait que ça arrive un soir de sortie de tante Riss."

Dès la première scène, l'auteur nous plonge dans une ambiance trouble et inquiétante, dans laquelle apparaît un simulacre. Nous sommes bien dans un récit de science-fiction peuplé de créatures à l'apparence humaine, auxquelles les citoyens éclairés doivent fuir. Les chapitres s'alternent entre deux parcours qui vont se rejoindre, d'un côté celui de Cassie Iverson et son jeune frère Thomas, qui veulent échapper à la venue d'un sim tueur, de l'autre celui d'Ethan, qui vit reclus depuis sept ans et reçoit lui aussi la visite d'un non humain. Les deux trajectoires sont reliées puisque les protagonistes font parti de la même famille mais aussi parce qu'ils ont comme point commun la Correspondence Society qui lutte contre l'hypercolonie et dont les membres ont été victimes d'un massacre sept ans auparavant.

Entre road trip et survival, le roman ne s'adresse pourtant pas à un public adolescent et ne délivre pas une forte dose d'adrénaline, ni d'action, mais plutôt une réflexion sur la manière de s'organiser pour survivre.

L'auteur joue sur l'ambiguïté et présente des personnages dont on ne peut distinguer leur potentielle dangerosité. Sont-ils amis ou ennemis, humains ou sims ? Sans approfondir la paranoïa, l'auteur tente d'utiliser le sentiment de doute et d'instiller le trouble. Malheureusement bien que l'alliance entre humains et sims, pressentie depuis le deuxième chapitre, n'arrive pas comme on le pense, le récit n'offre pas de véritables surprises. Le suspense n'est donc pas le point fort du roman, cependant la première partie est suffisamment rythmée pour ne pas nous ennuyer.

La deuxième partie est plus confuse, notamment au chapitre 15, alors que le garagiste Dowd est en train de raconter son histoire, Cassie s'éclipse et retrouve Leo qui lit son livre à elle, juste au moment où Dowd s'apprêtait à raconter le plus intéressant. Puis Leo explique qu'ils en sauront plus quand Dowd aura fini de raconter, alors qu'il ne semblait pas écouter. Et puis le chapitre s'arrête. L'auteur étire donc beaucoup trop son suspense, et le rompt, tandis que la cohérence s'étiole. Pourtant cela pourrait faire l'objet d'une belle adaptation cinématographique. La fin est également étrange et peu vraisemblable. Les personnages qui se révèlent être des sims, sont dévoilés tout d'un coup, sans véritable cohérence. Et l'on ne se dit pas "yahou !" l'auteur m'a bluffé, mais plutôt un simple "ah bon ?" tandis que la révélation manque de crédibilité. De plus, psychologiquement, on ne comprend pas le personnage de Driss qui, à la toute fin, ne veut plus entendre parler de Cassie au lieu de se réjouir qu'elle soit en vie.

"Les derniers jours du paradis" est donc un roman beaucoup trop commun, qui manque de surprise et se lit facilement mais sans véritable plaisir.

R.P.



17/03/2017
0 Poster un commentaire
Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour