Contre-critique

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"Rien ne nous survivra" de M. Mazaurette

 

"Rien ne nous survivra" de Maïa Mazaurette.

 

"Le racket, les coups, les viols et les meurtres sont moins fréquents que quand les adultes l'exerçaient, mais ça s'arrête là, sécurité en service minimum, pour ceux qui disposent d'une arme seulement."

Cette seconde version du roman "Le pire est avenir" nous narre le combat des jeunes contre les vieux dans un Paris mis à feu et à sang et dont la Seine forme la frontière naturelle entre les deux camps.

On suit la lutte à mort des moins de 25 ans contre tous les plus âgés aux travers de deux jeunes snipers parmi les plus doués de leur génération.

"A l'inverse personne ne se résigne à vingt ans. C'est impossible, même si certain prétendent jouer les cyniques. La fraîcheur terrasse le blocage. Un révolutionnaire de quarante ans est un menteur et doit mourir."

"Leur manie de la transmission ne possède qu'une unique vocation: nous castrer."

Mazaurette prend évidemment parti pour les jeunes et nous livre une argumentation exhaustive des raisons qu'auraient les jeunes de prendre les armes pour exterminer les vieux. Ce sujet brûlant, la révolte des jeunes, sera toujours d'actualité, comme l'annonce la fameuse citation de Socrate placée en début de livre. Mazaurette développe son thème de manière intellectuelle sans jamais oublier l'action, ce qui donne lieu à un roman psychologique plein de meurtres et d'exactions.

"Le bruit terrifiant du Glock s'étale dans la pièce, écrasant tout sur son passage. Les balles fracassent les os comme le mobilier, transpercent les artères, impactent les cloisons."

Son récit, palpitant et troublant, est rythmiquement très bien mené et ses personnages sont complexes et intéressants.

"Je te ramasse parce que je suis un gentleman. Tu le saurais si tu avais fait attention. Mais tu auras le temps, maintenant, de remarquer que j'existe.

...

Je te tiens par les épaules, je te porte vers la voiture. Tu dors profondément, si vulnérable. Je pourrais faire n'importe quoi."

Cette rivalité entre snipers fait indéniablement penser à "Stalingrad" mais le traitement et la finalité sont totalement divergentes. Mazaurette distille un côté fantastique qui se développe au fil de l'intrigue malgré le côté réaliste de son décor, ce qui n'est pas déplaisant au contraire, cela rehausse l'attention. Mazaurette sait nous surprendre avec une tournure des évènements particulière et de multiples rebondissements.

"...et tous les comédiens affichaient le même visage cloné, petit nez grande bouche: grande bouche pour parler fort, petit nez pour ne pas sentir l'odeur persistante de merde."

L'aspect social est bien développé sans jamais quitter la violence des actes, ce qui ravira les fans d'action. Mazaurette n'a pas froid au yeux et son histoire explosive ne fait preuve d'aucune censure. L'audace et la qualité de ce "Rien ne nous survivra" vaut le détour.

R.P.



03/09/2010
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