Contre-critique

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"L'océan au bout du chemin" de N. Gaiman

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"L'Océan au bout du chemin" de Neil Gaiman.

 

"La seule chose qui m'avait retenu de m'enfuir en hurlant de cette Chambre des Horreurs où on me promenait était qu'aucune des statues de cire n'avait semblé totalement convaincante. Elles ne pouvaient pas paraître vraiment mortes, parce qu'elles n'avaient jamais eu l'air vivantes."

Le narrateur de ce roman se remémore une période de sa vie, à l'âge de sept ans, lorsqu'il n'avait pas d'ami et était assailli de cauchemars, et qu'il fut témoin d'un homme suicidé dans un véhicule. Mais c'est aussi à l'âge de sept ans qu'il fit la connaissance de Lettie Hempstock, la jeune et chaleureuse voisine qui lui fit découvrir un monde merveilleux, tandis que se dessinait une curieuse histoire de pièces de monnaie apparaissant mystérieusement.

À la manière d'un roman initiatique, "L'Océan au bout du chemin" retrace l'apprentissage d'un enfant face à la mort et à la découverte du monde. L'aspect à la fois morbide et merveilleux s'avère réellement efficace et les personnages font preuves de crédibilité. On s'attache au narrateur ainsi qu'à cette pimpante Lettie, et tous deux nous font vivre un voyage extraordinaire, aux frontières du surnaturel.

"Je n'avait pas imaginé ça. Ses lèvres m'avaient frôlé l'oreille. Elle flottait dans l'air à côté de moi, de telle façon que sa tête était près de la mienne, et quand elle m'a surpris à la regarder, elle a affiché son sourire factice et je n'ai plus pu courir. Je pouvais à peine bouger."

Dès le chapitre IV, on bascule totalement dans le surnaturel. Des créatures extraordinaires font leur apparition et des événements inouïs se produisent. Le moment de la découverte du ver dans le pied de notre héros est particulièrement marquant et épidermique. Quant au personnage nommé Ursula Monkton il devient cauchemardesque.

On suit passionnément les mésaventures du héros, par contre, on a du mal à croire qu'il s'agisse d'un gamin de sept ans. Et lorsque l'auteur nous le rappelle, on réalise que l'on imaginait plutôt un garçon adolescent. En effet, difficile de croire qu'à sept ans à peine, le héros puisse vivre tout cela. On regrette également que le fil conducteur s'étiole quelque peu, car on se demande où toute cette histoire veut en venir, malgré tout, le rythme est maintenu et la diversité du bestiaire nous tient en haleine. Un récit entraînant et divertissant donc, mais qui n'atteint pas des sommets. À réserver aux curieux.

R.P.



23/10/2017
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